L’histoire MITCHELL (FR)

Un post bien différent, cette fois… En effet, pas de souvenir de pêche, pas de photo retravaillée, pas de test « produit »… Non, seulement une « petite » histoire… mais pas des moindres…

Disons LA véritable « biographie » de la marque MITCHELL, que finalement bien peu d’entre nous connaissent (je parle de mon entourage proche, en particulier, c’est-à-dire en majorité  de ma génération)

Alors pourquoi me transformer en une sorte de « prof d’histoire/géo » l’espace d’un instant ? (enfin, prof d’histoire en l’occurrence… la « géo » ne sera traitée qu’au sens halieutique du terme 😉

Et bien parce que je trouvais ça important (tout simplement…). Bon nombre d’entre-nous ont fait leurs débuts avec du matériel MITCHELL, bon nombre y sont restés fidèles, et pour les autres… (personne n’est parfait 😉 peut-être que ces quelques lignes à venir vous donneront envie de vous y tourner, ou d’y retourner, pour j’en suis certain en devenir convaincu.

De plus, mes nouvelles attributions, et donc le fait de travailler sur l’ensemble de la gamme des produits MITCHELL est à la fois un honneur et un plaisir. J’ai donc tout naturellement envie de vous le faire partager.

Un honneur, tout d’abord, puisqu’il s’agit d’une marque légendaire, et qui malgré l’adversité et les choix stratégiques passés, fait encore et toujours partie du patrimoine français.

Un plaisir, ensuite, puisque cette réorganisation nous offre tout un panel de possibilités pour (re)faire de MITCHELL une marque forte, pour lui redonner l’image qu’elle mérite, de part des produits compétitifs, modernes et de qualité.

Comme stipulé en introduction, c’est également pour moi l’occasion de revenir un peu sur l’historique de la marque, afin de rafraîchir la mémoire des plus anciens, et d’éclairer celle des plus jeunes. J’espère que le texte à suivre saura vous intéresser (si vous parvenez au terme de cet article, c’est que je serais parvenu à être assez bref (pas simple…) et pas trop ennuyeux (encore moins !)

1) L’héritage

Je ne vais pas entrer dans les détails de « l’avant-avant-avant-avant-Mitchell » pour commencer au début des années 1900, sous l’ère « Carpano & Pons », puisque c’est finalement bien là que tout va débuter.

C’est bien cette petite SARL reprise de père en fils (ou gendre pour être exact) sous plusieurs générations, située dans la vallée de Cluses, là où les eaux torrentielles de l’Arve dégringolent des Alpes de Haute-Savoie, qui fera naître le premier moulinet de pêche.

En effet, c’est sous l’égide de Charles Pons, successeur et gendre de Constant Carpano, que la société d’origine horlogère prendra le risque de se diversifier. Des moyens de productions modernes et importants, une créativité en bureau d’études reconnue, un profond désir d’innover, associé à des connaissances pointues et technique de la part des dirigeants de l’époque… Bref, il n’en fallait pas moins pour se lancer dans les domaines de l’électroménager et des loisirs, en plus de l’horlogerie.

2) Les prémices

Avant la seconde guerre Mondiale, c’est finalement sans grande surprise que la première commande de « moulinet » de pêche arriva. Pour être plus précis, il s’agissait plutôt d’une commande d’étude dans le but de concevoir un moulinet. De ce projet naîtra le CAP. Une sorte de « réserve de fil » qui ne satisfait pas pleinement un certain Maurice Jacquemin, alors ingénieur en bureau d’étude.

Ce dernier se mit en tête d’améliorer encore cet outil, de manière à ce que, plus qu’une simple réserve de fil, il permette à la fois de lancer un leurre (eh oui, on parlait déjà de pêche aux leurres à cette époque) et de récupérer le fil sans problème d’emmêlement.

Aidé des techniques de fabrication horlogère et de son inspiration débordante, l’ingénieur trouva la solution: le mouvement issue de la logique de « l’essuie-glace », la mécanique issue de l’horlogerie en utilisant des crémaillères, des axes et des pignons, et les prémices du marketing en terme de design: une forme d’oeuf permettant d’emprisonner la totalité du mécanisme et reconnaissable partout, tout le temps !

Voilà, le premier moulinet était né. Ne restait qu’à lui trouver un nom. Mr Pons, alors directeur de la société, avait un frère prénommé Michel, fervent admirateur du continent Américain, qui décéda quelques temps avant la commercialisation du produit (à noter que la commercialisation a due être retardée en raison de la guerre). En son hommage, il décida d’utiliser son prénom, tout en « l’Américanisant » (le modèle Américain était sans conteste à ce moment l’exemple à suivre). MICHEL devint MITCHELL. C’est donc sous ce nom, après 2 longues années d’étude, que sorti le premier moulinet de pêche, en 1947.

3) Le premier moulinet de pêche

Rapidement, le franc succès rencontré sur nos terres s’exportera aux US. Il deviendra ainsi MITCHELL 300.

Une technologie savamment étudiée, un design novateur (qui fait d’un simple appareil, un objet esthétique), la consonance Américaine de son nom… tout concourt à faire le succès de ce fameux moulinet créé par Jacquemin.

Il s’agit là du réel point de départ qui propulsa l’entreprise « Carpano & pons » vers une renommée internationale. Des demandes affluèrent de toute part, si tant et si bien que la gamme due s’élargir pour répondre à tous ces besoins, souvent diversifiés:

– Le MITCHELL 301, pour gauchers.

– Le MITCHELL 330, un moulinet automatique dont une simple pression du doigt permet d’ouvrir le pick-up.

– Le MITCHELL 302, en acier inoxydable pour la pêche en mer.

– Le 306, issue du 300 originel mais de plus grande contenance.

– Le 316, à bobine non-pas intérieure mais enveloppante ce qui favorise les lancers et réduis le risque d’emmêlement.

– le 308, lui-aussi basé sur le 300, mais plus petit, pour les adeptes de l’ultra-léger. Sa grande nouveauté sera l’adjonction d’un roulement à billes lui conférant douceur et confort.

– Le 350, une sorte de 300 à récupération rapide.

– Puis, à l’orée des années 1960, sur une demande Américaine, arrivera la série des 400: moulinets haut-de-gamme de couleur bleu nuit.

– Peu après, encore une évolution radicale verra le jour, avec les premiers moulinets à tambour tournant, autrement dit « Trolling », basés sur des « treuils » de pêche en haute mer.

– En 1965 apparaîtra la série 700, qui ouvrira les portes du monde des pêcheurs à la mouche à la marque.

– Besoin du marché oblige, une version « discount » (déjà ?) sera développée sous le nom Galion.

Durant toutes ces années, de nouveaux projets auront vu le jour. Des avancées notoires dans le monde de la pêche, et des succès retentissants.

D’autres projets plus originaux naîtront de l’esprit des ingénieurs voués à MITCHELL. C’est le cas par exemple de ce moulinet étant en quelque sorte une version « carpiste » avant l’heure, puisque sa bobine permettait d’améliorer les distances de lancer.

 

4) Ainsi naîtra MITCHELL…

Toutes ces séries, couronnées de succès, conduisirent en quelques années l’entreprise « Moulinets MITCHELL » au sein des établissements « Carpano & Pons » à son apogée. Gamme qui s’étoffe, production croissante, bâtiment en construction, etc…

En 1965, lors du décès de Mr Pons, la cadence de production est à son comble: 100 000 moulinets sont fabriqués chaque mois !

 A cette époque, MITCHELL deviendra une société à part entière, au même titre que d’autres grands noms: Fonderie du Léman, Plasto, Somfy, etc… et gagnera en autonomie. Un bureau d’étude lui sera intégralement dédié de façon à améliorer et à étendre de manière constante la gamme.

En 1970, 12 000 unités seront produites chaque jour… Sur l’année 1972, 1 400 000 moulinets seront exportés (MITCHELL recevra d’ailleurs l’Oscar de l’exportation). La personnalisation de chacune des livraisons (les moulinets arborent le logo du distributeur) est un élément clef: Arca pour la Belgique, Albatros pour les Pays-Bas, Balzer pour l’Allemagne, Milbro pour l’Angleterre deviennent des partenaires privilégiés.

En mettant en place cette stratégie spéciale visant à concevoir un moulinet pour chaque type de pêche, un véritable mythe de la collection voit le jour…

5) La problématique du contexte économique

2 300 000 moulinets seront fabriqués puis vendus en1973. L’année suivante: premier choc pétrolier, le contexte économique s’effondre et Garcia, distributeur et actionnaire de la marque aux US en 1974, réduit ses investissements.

En 1978, une centaine d’ouvriers seront licenciés. En 1979, Garcia dépose le bilan et fragilise encore plus le fabricant de moulinets. Cette même année sortira le modèle 4450. Pourtant moderne et techniquement affuté, il ne remportera pas les faveurs du public. Une forme différente, une touche de couleur grise, un logo Mitchell remodelé…

En décalage avec son image, ce fut un échec. De plus, la production 100% française montra ses premières limites quant aux couts de revient, par rapport à la concurrence Asiatique et notamment Japonaise.

MITCHELL déposera le bilan en 1981.

6) Le renouveau

En 1982 apparaît Philippe Blime, tel un sauveur. Il rachète l’entreprise et entend bien la remettre sur pied.

Le contexte économique n’est pas réellement favorable, mais l’augmentation des prix en Asie entrouvre une faille permettant de sauver la production française.

En s’appuyant sur le prestige de la marque et sa tradition de qualité, en motivant sur la confiance puis en établissant un plan de restructuration faisant l’unanimité, il parvint à rendre à MITCHELL un rang plus qu’honorable.

Ses chemins directeurs sont plutôt simples et déterminants: rajeunir la gamme, réduire les coûts, dynamiser la distribution. A noter également le retour au logo précédent…

En 1984, le FULL CONTROL est créé, suivi plus tard du modèle EXCELLENCE.

2 réussites qui auront le mérite de remettre la marque dans la course. Le FULL CONTROL connaitra d’ailleurs plusieurs évolutions comme celle-ci en 1986:

 

Une course qui connaîtra à nouveau son lot d’embûches: Les concurrents Asiatiques sous-traitent à présent en Corée. Les coûts de revient diminuent, alors qu’en France ils augmentent…

La période du milieu des années 1980 qui s’ensuit sera douloureuse, notamment pour le personnel. La délocalisation est inéluctable. 200 personnes seront licenciées. Des ouvriers qui auront participé au succès de la marque, des personnes qui auront fait preuve de dévouement et de compétence. Malgré tout, il s’agissait bien là de la seule et unique solution envisageable pour maintenir MITCHELL à flot.

En 1990, MITCHELL sera sous contrôle Américain, mais Philippe Blime en gardera les commandes. JOHNSON, et plus précisément sa filiale « loisirs » JWA, a les reins solides et peut accompagner MITCHELL dans son développement. MITCHELL SPORTS sera délocalisé vers Marignier, à quelques kilomètres de Cluses.

S’en suivront des noms bien connus, tels que Hugues Nello (PDG), Gérard Nadal (Directeur Commercial), Bernard Faoro (PDG/Directeur logistique/Achats), André Coquelet (Directeur du bureau d’étude) et bien d’autres… des personnes qui ont fait que MITCHELL est toujours présent chez les détaillants de France et d’ailleurs, avec des méthodes souvent radicales: appeler et visiter tous les détaillants de France, suite au retrait du distributeur de l’époque (La « Canne à Pêche »), arpenter les différents pôles technologiques de l’Est et du Sud de la Chine, dans le but de dénicher le ou les fameux fabricants essentiels, etc…

Ensuite, d’autres moulinets légendaires auront également vu le jour… Les évolutions de FULL CONTROL,

l’innovant modèle QUARTZ,

sans compter le fabuleux 498X…

 

et le « non-moindre » Nautil, un bijou de technologie, qui restera avec le FULL CONTROL l’un de mes préférés…

tout comme sa descendance, le 398 Alu…

et le robuste RIPTIDE Trolling.

7) Pure Fishing… Puis MITCHELL ADVANCED

En l’an 2000, MITCHELL passera aux mains d’un autre géant Américain : PURE FISHING. Le site de Marignier deviendra ainsi le siège Européen (Pure Fishing Europe SAS) de l’un de plus grands acteurs mondiaux du monde de la pêche. En plus de la marque MITCHELL, le groupe conçoit et distribue des produits sous les marques BERKLEY, ABU GARCIA, PENN, SHAKESPEARE, JRC, FENWICK, STREN, SPIDER et plus récemment SEBILE.

Sous cette nouvelle ère, la marque aura également connu son lot de succès. La gamme de moulinets  AVOCET en est un exemple concret.

Dernièrement, une duplication plus technique et haut de gamme est apparue, sous le nom MITCHELL ADVANCED.

Des moulinets de technologie avancée, robustes et techniques…

 

Des cannes modernes, légères et spécialisées… Bref, Mitchell « avance »…

 

Fin 2011, la marque MITCHELL semble arriver à un nouveau tournant… Une nouvelle organisation, de nouvelles têtes, de nouveaux objectifs… Tout est en place pour faire perdurer « l’esprit MITCHELL », et bien plus encore…

8) MITCHELL is back !

2012 restera donc une année importante pour la marque. L’année de la prise de conscience du groupe Pure Fishing. En effet, MITCHELL étant une marque généraliste, elle n’a pu jusqu’à présent bénéficier de la puissance du numéro 1 mondial. Au contraire, se frotter au quotidien à des marques telles que JRC pour la Carpe, PENN pour la mer et BERKLEY pour la pêche au leurre a diminué considérablement son champ d’action.

Néanmoins, au fil du temps et des réorganisations, le groupe a décidé de modifier sa stratégie. Plutôt que subir les conséquences des autres marques, MITCHELL va dorénavant en tirer profit. D’autre part, étant une marque à part entière, elle va également bénéficier d’investissements conséquent pour lui permettre de revenir en force sur le marché.

C’est ainsi qu’en Septembre 2013, après plusieurs mois d’études et de tests, est lancé le nouveau MITCHELL 300.

Cette fois, rien à voir avec ces récents prédécesseurs. L’application portée à ce projet saute aux yeux: une forme « d’oeuf », identique à son ancêtre… Une manivelle alu très proche de sa forme d’antan… un rotor rappelant bon nombre de best-sellers tels que l’étaient les Turbocast, Nautil et autres 398… Un bouton de frein en étoile, tel le tout premier…

 

D’un point de vue plus technique, et sans trop entrer dans les détails, la gamme des moulinets 300 a été conçue en partenariat avec le bureau français et le bureau d’innovation de la maison-mère de Pure Fishing aux US. Les mêmes ingénieurs, les mêmes développeurs, les mêmes test-labo, les mêmes usines que les autres moulinets de nos marques, c’est-à-dire ABU GARCIA, PENN, PFLUEGER… C’est tout dire !

En résumé, un « vrai » moulinet MITCHELL présentant des caractéristiques adéquates à un excellent rapport qualité/prix. Le succès ne se sera pas fait attendre car près de 500 000 moulinets de la série 300 seront vendus à travers le monde entre son lancement en 2013 et l’arrêt de sa production.

L’occasion étant trop belle, nous n’avons que très peu hésité… Les collectionneurs étant très nombreux, nous avons souhaité, par un clin d’oeil, leur rendre hommage avec l’apparition en quantités très limitées d’une version spéciale.

 Ne cherchez pas à l’acheter, il n’est pas à vendre. 600 pièces seront disponibles dans le monde… 60 en Europe, 10 seulement pour la France.

Alors comment faire pour obtenir cet objet de collection ? En le gagnant, via des concours organisés par nos grands médias halieutiques (On ne réssucite pas une légende sans efforts)

Ensuite… libre à vous de l’utiliser ou non… Malgré son aspect « collector », il reste néanmoins un « vrai » moulinet de pêche, fabriqué de toutes pièces (127 au total) pour contenir 10 roulements à bille, une manivelle en carbone, une poignée en aluminium, un ratio de 5.8:1 le tout pour un poids légèrement supérieur à 290g (292,20g pour être exact !)

Les années suivantes verront MITCHELL surfer sur la vague du succès et du renouveau…

2014 sera l’occasion d’ajouter une version plus rapide à la gamme 300, qui pour reprendre les terminaisons historiques se nommeront 350 et  358 PRO.

350

D’autres grands noms referont également surface tout en suivant la nouvelle ligne directrice: Des dénominatifs connus, des formes reconnues et des technologies avancées.

Le fameux 498, réputé des plus robustes et fervent adepte des pêches extrêmes permettra d’en vérifier l’adage. Cette nouvelle mouture sera testée et retestée dans les conditions les plus délicates avant d’être lancée sur le marché. Mitchell veut redonner confiance et s’y emploie, tout en proposant des moulinets accessibles (environ 100€)

498

Ce dernier sera d’ailleurs rejoint 2 années plus tard par son grand frère, le 498 PRO armé d’un bâti en aluminium, d’un frein 100% carbone et d’un système d’engrenages en bronze pour une résistance (encore) accrue.

498PRO

Souhaitant néanmoins satisfaire les pêcheurs à la recherche constante de « petites merveilles », la marque continuera d’évoluer et de développer des moulinets légers et techniques. 2015 verra apparaître la nouvelle mouture des moulinets MAG PRO ayant rencontré un franc succès auprès des pêcheurs aux leurres. Cette fois aucun lien avec l’histoire n’est exprimé. Les lignes sont tendues et épurées, les matériaux modernes et les couleurs aggressives. MITCHELL montre là que la marque est capable de vivre avec son temps, et son passé n’est finalement qu’une passerelle vers des moulinets évolués.

MP1

2016 ne sera pas en reste au niveau des nouveautés. Tout d’abord les prémices d’un nouveau FULL CONTROL qui ravira les adeptes de la « gâchette ».

FC

Accompagné d’une version au combien évoluée de l’antique PREDATOR ELECTRONIC, à savoir un moulinet dans lequel est parfaitement incorporé un détecteur de touches électronique, sonore et visuel. Un savant mariage de mécanique et d’électronique…

AELEC

Malgré le travail réalisé, le support sans faille des détaillants et des pêcheurs et un chiffre d’affaire en nette croissance ces dernières années, le site MITCHELL de Marignier fêtera son 70ème anniversaire de la plus sombre des manières. A la suite de différents rachats, la décision est prise de licencier la trentaine d’employés et de fermer les locaux. Un brusque coup d’arrêt pour la marque qui n’avait plus à rougir face à la concurrence, toujours plus forte.

aaaaaaaaaaa

Si vous lisez cette dernière ligne, c’est que vous êtes parvenus au terme de mon « exposé ». Je vous en remercie, et vous félicite 😉

Bien entendu, si vous avez d’autres questions en rapport avec ce post, n’hésitez pas et je me ferais un plaisir de vous répondre…

A bientôt 😉

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