Corégone – La pêche dite « au canin »

Première partie de ma nouvelle rubrique intitulée « matériel ». Il ne s’agit pas ici de vous conter une histoire de pêche, mais plutôt de vous indiquer quel type de canne, de moulinet, de fil, etc… est utilisé pour quelle technique, ainsi que quelques astuces bien utiles.

Ces explications seront facilement accessibles via l’onglet « Matériel » en en-tête…

Puisque tout projet doit avoir un début, j’ai choisi de commencer par vous parler d’une de mes « récentes » pêche de prédilection: la pêche des Corégones/Féras/Lavarets (suivant où on les pêche ;-)

 Alors, quel matériel utiliser pour pêcher les Corégones ?

  • Première partie: La canne

Cette dernière se doit d’être légère et sensible… voire même ultra-légère et ultra-sensible. Il y a quelques mois, j’ai finalisé la mise au point des cannes « MITCHELL MAG PRO Corégone » et « MITCHELL MAG PRO LITE Corégone ». Ces 2 modèles existent en 2 tailles: 1,25m et 1,70m.

Ces 2 séries ont en commun la qualité de leur blank. Il y a quelques années, les adeptes de cette pêche ne juraient que par la fibre de verre (et le fil en nylon… ça devait être au temps du « Cacolac » et du « Minitel »…). En effet, ce matériau souple permet d’atténuer pas mal d’erreur dans l’animation ou durant le combat. Malheureusement, d’un point de vue perception des touches et efficacité, c’est loin d’être ça ! Quand on sait à quel point ces poissons peuvent être tatillons…

Ces 4 cannes sont donc fabriquées en carbone. D’ailleurs, la finesse de leur blank en est une preuve. Il en résulte une action à la fois souple et dynamique, permettant à la fois de ressentir les touches les plus infimes et de venir à bout des plus gros spécimens.

 Je précise que, évidemment, ces cannes sont équipées d’anneaux type SIC permettant l’utilisation de tresse, même très fine… ce qui est évidemment le cas ici !

Le modèle haut de gamme, MAG PRO LITE Corégone, est une version encore améliorée, grâce à l’ajout d’une sorte de « cloche de résonnance » adaptée des pêcheurs en verticale. Là encore, le but est d’optimiser la perception des touches, élément clef de réussite dans cette pêche.

Ces cannes sont livrées avec 2 (MAG PRO) ou 3 scions (MP LITE). Ces scions de différentes puissances permettent de s’adapter en fonction du poids du lest et des conditions (vent, courant, etc…)

  • Seconde partie: le moulinet

Autrefois, les pêcheurs n’en utilisaient même pas, au profit d’un « cadre » (également utilisé pour pêcher la truite au toc). Evidemment, on trouve aujourd’hui un certain nombre de modèles performants, et surtout très légers.

Pour ma part, j’utilise principalement un MITCHELL AVOCET GOLD en taille 500UL (pour ultra léger). La contenance en fil est bien suffisante (environ 200m de 0,10mm), le frein est à la fois régulier et doux, et il ne pèse que 194gr ! Imaginez que vous devez tenir la canne durant toute la journée et être positionné au mieux pour ressentir le moindre mouvement de la ligne… La canne ne pesant qu’une cinquantaine de grammes, cela fait un ensemble à environ 250gr, et surtout parfaitement équilibré !

 

  • Troisième partie: le fil

 Les cannes sont passées de la fibre de verre au carbone… les moulinets ont remplacé les cadres… alors c’est sans surprise que la tresse a supplanté le nylon… Quand on sait qu’un nylon basique possèdent une faculté d’élongation de 10%, cela signifie qu’en pêchant dans 40 mètres de profondeur, le poisson pourrait s’éloigner de 4 mètres avant de ressentir le moindre mouvement. C’est un peu schématisé, mais finalement réaliste.

Avec la tresse, plus de problème: la moindre nageoire touchant le fil sera une information remontée à la surface. Avec la tresse, même les touches les plus infimes sont perceptibles. Alors associée à un ensemble léger et sensible, c’est le top d’un point de vue « sensations » !

 

Le diamètre est également très important. Dans le but de se soustraire au mieux au courant ou au vent, une tresse fine est primordiale… Un produit type FIRELINE (pour sa glisse optimisée par rapport à une véritable « tresse tressée »…) de diamètre compris entre 0,06 et 0,10mm est parfait !

  • Quatrième partie: les nymphes

En langage local, le train de nymphes est appelé « plombier ». Différentes écoles, là encore… Auparavant, les échosondeurs étaient inexistants, puis souvent interdits. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et la majorité des embarcations en possède à bord. Il est donc plus facile de connaître la profondeur où naviguent les poissons, et évite de recourir aux plombiers qui jadis mesuraient une vingtaine de mètres et nécessitaient l’utilisation d’une « plaquette aimantée » pour enrouler le fil, ou d’une rallonge… 2 accessoires laborieux d’utilisation… (je sais, j’ai essayé ;-) la preuve !)

Aujourd’hui, avec un bas de ligne de 3 à 4 mètres composé de 6 à 10 nymphes, on peut tout faire, et sans encombre. Ce bas de ligne correspond plus ou moins à la longueur de fil précise entre le scion de la canne (canne haute, debout sur le bateau) et l’épuisette !

Ensuite, se pose la question des tailles, de formes, des couleurs de nymphes… En débattre prendrait plusieurs pages…

  • Dernière partie: le « reste »

D’autres éléments restent utiles, voire indispensables, comme l’épuisette à maille type « caoutchouc » (imaginez une épuisette « simple » garnie d’une dizaine de nymphes… vous risquez d’y perdre du temps !)

Bien évidemment, je dois aborder la question du sondeur… Plus il sera performant, plus l’affichage sera précis… Avec un bon réglage, vous observerez vos nymphes de quelques millimètres plongées sous 40 mètres de profondeur… ainsi que les poissons qui montent dessus ! Montées d’adrénaline garanties !

Un autre élément est devenu également très pratique. Il s’agit de la technologie IPilot de Minnkota. Pour résumer, l’immense avantage dans cette pêche est l’application « ancre électronique ». Plus de corde ni d’ancre à remonter… une simple pression sur la télécommande et le bateau est immobilisé. Les poissons se rapprochent de la berge: En 1 minute vous êtes de nouveau à leur hauteur. Le top !

Enfin, le dernier mais non des moindres… LA réglette ALP (Annecy Lac Pêche) pour mesurer ses prises… Elément indispensable, homologué par les plus hautes instances de la pêche sportive en Haute-Savoie ;-)

A bientôt ;-)

Catégories : Techniques et matériel

6 Commentaires

  1. jimmy dit :

    je pense que la réglette ALP devrait être utilisé par certaine AAPPMA pendant leur concours ;)

  2. c’est précis à 5 mm la reglette ALP ?

  3. jacky dit :

    très bon tout ça. t’as juste oublié de dire que ces canin, ont permis de mettre au sec des brocs entre 1m et 1M20, ainsi que des truites jusqu’à 80 – 90 cm. autant dire que si on en prends soin, ils assurent !!!

    jacky

  4. René VALLA dit :

    Bien vues tes infos Laurent. Mes questions ou remarques ci-après …
    1/ Pour tes canins proposés :
    - en quoi consiste et quels sont les bienfaits de la  » cloche de résonnance » sur le canin haut de game « MAG PRO LITE Corégone » ?
    - quelle est l’échelle de leur prix de vente dans le commerce ?

    2/ Pour ton moulinet ultra léger AVOCET Gold de 195 gr, Daïwa fait nettement mieux avec son Spinmatic 500 de 140 gr ( 5 oz)et au même tarif…en capacité de longueur de tresse suffisante pour la profondeur d’ici à ANNECY.

    3/ Quand l’ami Jacky t’auras tout bien montré expliqué et fait essayer sur le domaine des plombiers, n’hésite-pas à nous préciser tout ce que tu préconises vraiment sur le sujet …fluorocarbone,fils, hameçons,longueur, noeuds d’attache, etc.

    à +

    • Bonjour René,

      vous trouverez ci-dessous mes réponses à vos questions.

      1) Cette cloche de résonnance, comme son nom l’indique, amplifie les « secousses » ou en tout cas les moindres « accoups » ressentis sur la ligne. Bien évidemment, cela nécessite l’utilisation de tresse, et non de nylon en ce qui concerne le corps de ligne. Pour schématiser, lorsque le poisson touche la ligne (en prenant une nymphe, donc…), un mouvement est effectué sur la ligne. Soit la touche est franche (notamment quand les poissons descendent attraper une nymphe) et elle est très bien perçue par le pêcheur… Soit celle-ci est légère (quand les poissons montent chercher une nymphe, par exemple) dans ce cas la touche est moins « vibratoire » mais le fait de soulever le plomb signifie mouvement du scion de la canne vers le haut… Soit, dans d’autres cas, les touches sont tellement infimes que très peu sont ressenties ou même visible… C’est dans ce cas précis qu’une canne sensible associée à une tresse fine et cette fameuse « cloche » de résonnance trouve toute son utilité…
      Pour le prix, je crois qu’elle tourne aux alentours de 70€.

      2) Bien entendu, il est toujours possible de trouver mieux, moins cher, plus joli, etc… Tout cela est fonction des souhaits et des besoins de chacun. Vous précisez d’ailleurs « lac d’Annecy ». Pour ma part, je pêche aussi souvent à Annecy, qu’au Léman ou ailleurs et mes conseils sont plus d’ordre général. Pour le reste… je ne peux parler que du matériel que j’utilise et que j’affectionne. Evidemment, c’est une partie de mon métier de promouvoir les produits des marques qui me concernent. Comme je le précise souvent, quand je parle du matériel, c’est à titre informatif. Je ne suis pas le mieux placé pour comparer telle ou telle marque, mais par contre je connais ceux dont je parle dans les moindres détails…
      Pour en revenir au moulinet que vous citez, il est effectivemment plus léger, mais pas du tout comparable à l’AVOCET GOLD, tant au niveau du nombre de roulements que dans le choix des matériaux utilisés lors de la fabrication. Je sais que dans cette pêche, certains n’utilisent le moulinet qu’en tant que réserve de fil uniquement, un peu comme une évolution du fameux « cadre »…
      Ce n’est pas du tout le cas pour moi… Pour être efficace, il faut un moulinet à la fois léger, mais aussi précis, linéaire dans la récupération et pourvu d’un frein de qualité (les pêcheurs du Léman comprendront…)

      3) Quand Jacky sera décidé à dévoiler tous ses secrets au jour jour, c’est avec grand plaisir que je lui ouvrirais son propre blog ;-) (ainsi qu’une page Facebook, un compte Twitter et YouTube, etc…)
      Quoiqu’il en soit, et en passant les différents essais réalisés à ce jour, voilà ce que je peux dire:
      Fluorocarbone Berkley Trilène en 17/100 pour les plombiers
      Hameçons VMC 7074 en 12/14/16 pour les nymphes
      Tresse Berkley Fireline Crystal Micro-Ice en 8/100 ou tout dernièrement Berkley Nanofil en 8 ou 10/100.
      Bien évidemment, pour tout ça il y a le « pourquoi du comment », mais cela nécessite plusieurs pages d’explications… J’y viendrais certainement ;-)

      • René VALLA dit :

        Laurent,
        OK pour le fluorocarbone Trilène de Berkley, que je conseille aussi à tous !
        Comme je te l’ai dit tout à l’heure, fait modifier
        l’avant de la poignée en liège du 1er canin « Mag pro » en lui donnant une forme en fuseau comme pour le 2ième canin.
        Confirme-nous que le Nanofil peut vraiment remplacer la tresse du fait de sa non-élasticité, et qu’en + il a une meilleure glisse que la tresse à mieux se dérouler d’une bobine de moulinet « spining »…
        à +

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