Avril : 100% de nymphe à vue.

Voilà la période que je préfère durant la saison de pêche à la mouche. Les mois d’Avril, Mai et Juin. C’est lors de cette période si particulière que les grosses mouches font leur apparition sur l’Ain mais aussi  là où les grosses truites sont en pleine activité. C’est pendant ces après-midi-là où tu te dis que s’il fait un peu gris, qu’il y a un plafond bas et que les mouches sortent, tu peux faire la pêche de ta vie en sèche. Mais les niveaux de la rivière d’Ain et des autres rivières du Jura sont bien trop bas pour permettre de faire ces pêches en surface avec de belles imitations. Tout pêcheur à la mouche rêve de faire une belle pêche aidé par une grosse éclosion d’éphémères de printemps. En revanche, les niveaux d’eau sont idéaux pour pratiquer la pêche en nymphe à vue, celle que je préfère parmi toutes les autres.

RIMG2988

RIMG2984

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ces dernières semaines, j’ai alterné mes sorties de pêche avec mes amis, mon père, en solo ou encore avec ma copine, car oui, elle vient avec moi à la pêche. Toutes ces situations sont fabuleuses mais selon l’une ou l’autre, je ne pêche pas de la même façon. Je ne fais pas les mêmes choses que lorsque je suis tout seul par exemple. Je ne vais pas autant au bout des choses. Quand je fais des sorties solo, là, je pêche concentré à 100% et je suis à fond dedans. C’est bien souvent là où je prends le plus de poisson d’ailleurs, où je suis le plus efficace. Mais au final, j’ai besoin de cette alternance avec des sorties à plusieurs, même si j’ai besoin de me retrouver seul au bord de l’eau de temps en temps ! Lucie, ma copine, vient de plus en plus souvent à la pêche avec moi pour mon plus grand plaisir. D’ailleurs, elle ne pêche pas encore, elle ne fait que regarder pour l’instant. Mais son apprentissage suit son cours même si je pense qu’elle ne s’en rend pas forcément compte car elle aimerait avoir une canne dans la main à chaque sortie. Mais moi, je n’ai jamais autant appris qu’en regardant mon père pêcher !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il y a donc aussi les sorties avec mon père. Il y a deux ou trois ans en arrière, je voyais mon père prendre truites sur truites et moi enchainer les erreurs ce qui était bien normal car je n’avais pas son expérience et sont efficacité que je n’ai toujours pas d’ailleurs. Mais maintenant, j’arrive sur quelques sorties à revenir à la maison en me disant : « cet après-midi, j’ai très bien pêché… »

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Comme ce jour où avec mon père nous sommes allés passer un après-midi sur un parcours que j’adore. On ne voyait pas beaucoup de poisson. Je me suis décidé alors à me positionner sur un coup où l’on pouvait fouetter dans l’attente du passage éventuel d’une truite. Mon père, lui, décida de monter. Avec quelques années de moins, je l’aurais suivi sans hésitation, mais là, je suis resté comme je l’avais décidé au départ. Et ça a payé. Un poisson a fini par remonter le long de la bordure. Avec une petite nymphe faite par mon ami Victor, j’ai pris cette truite à dix/douze mètres devant moi. Un magnifique poisson qui devait faire pas loin des 50 centimètres.

Sans titre 1

Il nous restait un peu de temps pour pêcher. Mon père m’avait dit dans la voiture qu’il y avait un coup où les poissons sortaient d’une racine mais qu’ils étaient inapprochables. Il avait raison. Une fois arrivé sur le coup en question,  il y avait deux truites en poste qui se sont rangées sous leur racine de suite. Mais comme l’activité était très faible, je me suis placé en attente au-dessus et après un quart d’heure à patienter, une truite est ressortie. Une fois de plus, ça a fait mouche. Un poisson de 45 pris en photo et relâché rapidement. Il a fait ma grande joie et celle de mon papa. C’est dans ces moments-là où je suis fier de moi et de la manière dont j’ai pêché ! Mon père est rentrée bredouille pour la petite histoire 😉

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Dans mes parties de pêche du mois d’avril, il y a eu aussi la truite de la dernière chance, quelle matinée j’ai passé…Je suis arrivé au bord de l’eau un peu après le lever du jour sur un parcours où dès le premier poste, il est possible de comprendre si le poisson est de sortie. J’arrive donc sur ce coup, pas un poisson. Je fais ma pointe, mets une cuivre, toujours pas un poisson. Je me suis dit que j’allais donc pas me prend la tête et faire le coup du dessus. Quand je suis arrivé, je vis une chose très caractéristique de chez nous, des petites vaguelettes qui sortaient de la berge. Une truite de 42-43 était en train de se gaver de gammares. Sur ce genre de poisson, il y a juste a bien lancer et 9 fois sur 10, elle prend. J’étais donc très confiant, un peu trop peut-être car la truite m’a fait un très gros refus que je n’arrive pas encore à expliquer…

Les deux ou trois postes suivants, je n’ai vu aucun poisson. Je me suis décidé alors à faire une berge le long d’un courant. Les truites y viennent particulièrement bien dans cette morte car elle est peu profonde et juste à côté du courant. Je peux ainsi pêcher depuis l’eau en fouettant ou à l’arbalète pour les poissons que j’arrive à approcher assez près. Je n’avais pas fait 5 mètres dans l’eau qu’un très gros poisson m’arriva droit dessus. Un peu paniqué, j’ai lancé ma cuivre, le poisson s’est retourné au ploc ! Je le ferre mais après 2 secondes de combat, la truite s’est décrochée…Je me suis dit que je n’avais pas eu de chance et que la roue allait tourner. Je continuais donc ma progression sur cette berge et là, à ma gauche, dans le courant, devant un caillou, un autre gros poisson en poste. Il y avait un reflet à sa droite, j’ai donc décidé de lancer à sa gauche pour la voir prendre. J’ai fait mon arbalète et au moment où je lâche ma nymphe, un énorme coup de vent vient la faire tomber à la droite du poisson dans le seul reflet qu’il y avait. Le poisson à l’impact de la nymphe sur l’eau se jette dans le reflet, donc sur ma nymphe, et je me suis douté qu’à la vitesse où est sortie ma truite du reflet, je l’avais manqué, malheureusement. Après ces deux gros échecs, je n’y croyais plus trop mais il me restait 25 mètres à faire.  Je suis arrivé sur un gros caillou où je me suis posté par habitude. Après 10 minutes d’attente à cet endroit, un poisson de 44-45 remonta la berge en se gavant. Je me suis dit « Thibaut, appliques toi et ça va finir pas payer ». La truite arriva à mon niveau, je lançais toujours ma petite cuivre mais au moment où ma nymphe arriva dans l’eau, un mouvement à ma droite m’a attiré l’œil, un poisson de 55 était lui aussi en train de remonter et se trouvait à 1 mètre de moi ! Au moment où j’ai vu ce poisson, je me suis rappelé que j’avais lancé sur l’autre truite. C’était déjà trop tard, ma première truite était en train de recracher ma nymphe et en s’enfuyant, bien sur, elle a fait partir le gros poisson qui était à mes côtés…Rien n’allait comme je voulais. On ne sait pas pourquoi, mais il y a certains jours comme ça dans une saison où l’on a beau mettre toutes les chances de son côté,  rien ne nous sourit. J’étais tout simplement dégouté ! Surtout que ce genre d’activité est plutôt rare.

Il me restait dix mètres à faire. Je voulais finir ce morceau de berge où je n’avais presque jamais rien vu et je pensais rentrer à la maison tellement la frustration était grande après ça. Là, le destin ou la chance, un poisson de peut-être 44-45 à 7-8 mètres de moi en train de manger des gammares en bordure. J’ai tout de suite sorti ma soie, fait un faut lancer, et mon premier poser est tombé à 50 centimètres de la truite. Un lancer pour moi parfait. A l’instant où ma nymphe est arrivée dans l’eau, la truite mangea au fond, donc elle ne vit pas ma nymphe tomber dans l’eau. Je l’ai laissé dériver pour la dépasser et j’ai repris ma nymphe en main. Je me suis arrêter 5 minutes en me disant : « Thibaut, calme toi, pêche comme tu as l’habitude de pêcher et cette truite va prendre ». J’ai de nouveau fait un faut lancer et j’ai posé ma nymphe à 1 mètre du poisson. La truite s’est décalée pour prendre ma nymphe. J’ai ferré, elle était pendue !! Enfin ! Elle m’a fait un gros combat dans le courant en aval de ma position. Le stress de la décrocher était toujours présent mais après 2 -3 minutes, je suis arrivé enfin à mettre un poisson dans mon épuisette ce matin-là !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je crois sincèrement que la taille du poisson à ce moment-là ne compte pas. Cette truite aurait pu faire 25 centimètres, après avoir subit autant d’échecs, avoir enfin réussi à prendre un poisson m’a rempli de joie et de bonheur !

Toujours au mois d’avril, il y a eu un autre après-midi avec mon père. Nous nous rendions sur un parcours que nous connaissons très bien. Malheureusement, les poissons n’étaient pas dehors. J’ai alors choisis de descendre en aval du parcours alors que mon père décida lui de monter. Je suis arrivé sur une grande gravière. A 15 mètres devant moi, un très joli poisson que j’estimais à 45-50 était en poste, immobile. Je me suis positionné correctement, j’ai refait une pointe et j’ai mis une petite nymphe en corbeau. J’ai sorti  ma soie à mes pieds et en un faux lancer avec ma Zephrus 9 pieds soie de 5, j’ai fait le poser parfait 2 mètres devant le poisson. J’ai attendu quelques secondes puis après une légère animation, ce magnifique poisson se souleva du fond pour prendre ma nymphe. Ce fut là un des plus beaux coups de ligne de ma vie de pêcheur. Prendre une truite qui au final faisait 51 centimètres (mon estimation n’était pas trop mauvaise) aussi loin. Parce que 15 mètres, ça commence à faire. C’est juste magique pour un pêcheur à vue. Il n’y a rien de plus beau et de plus gratifiant pour le pêcheur.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Voilà pour les sorties d’Avril. Pour conclure cet article, je reviens sur le petit anneau métallique que j’utilise sur mon bas de ligne car il y a eu des questions sur ce sujet. Je le positionne entre mon 20 centièmes et mon porte-pointe qui est en général en 18 centièmes. C’est très pratique car il permet d’économiser le bas de ligne et de ne pas le refaire sans cesse. Il est très discret. De plus, il est possible d’en trouver en plusieurs tailles. Je ne peux plus m’en passer. C’est vraiment un petit gadget que j’adore ! Encore merci à Romain (il se reconnaitra) qui nous a fait connaître ce petit anneau.

RIMG2952

A très bientôt.

Thibaut.

Facebook Comments
Catégories : Truite