Sans titre !

Parce que j’en trouve pas… désolé.

Nous voilà enfin de retour après une poignée de péripéties extra-halieutiques (déménagement, PC HS, lancer de briques sur Rottweiler,etc…) qui nous ont tenu éloignés du blog BTF, laissant Quentin presque seul maître à bord, malgré sa responsabilité désormais double avec ses contributions sur le blog Hardy Team France

Le rattrapage devrait être consistant. En plus des pêches de proximité dans lesquelles Lenka a réussi à prendre une poignée de belles truites (et moi une poignée de -belles ?- photos) en peu de sorties, nous avons consacré quelques journées au Duels toujours conviviaux organisés par Carnatoulouse Evenements, et surtout nous sommes allés pêcher en Bretagne en compagnie de Laurent, en Suède avec l’équipe habituelle, et dans le Jura chez Vincent, où nous voulions revenir après notre visite en mars, mais avec des niveaux moins tendus pour pêcher en priorité aux AN.

C’est donc chez Vincent que nous attaquons, après avoir répondu à l’invitation de Sylvain pour venir sur les lacs alpins en compagnie de tous les pêcheurs de chez Berkley. Je ne reviendrai pas dessus, Sylvain, Gaël et Quentin l’ont déjà fait mieux que nous aurions pu le faire sur leurs blogs respectifs. L’équipe est plus que super, la pêche en elle même a été chouette à découvrir (de bons profs ?) même avec peu de poissons au bateau…

Le Jura, donc…

Le débit est divisé par 4 ou 5 par rapport à notre visite de mars, une pêche un peu fine aux AN est possible, Vincent a cette fois posé une journée pour pêcher en notre compagnie, et Yo nous a rejoints pour l’occasion, histoire de se promener (ce mec ne pêche pas, c’est un touriste, même à trois bornes de chez lui !) à nos côtés. Tout est donc parfait.

Choc des cultures

Quelques jours auparavant, Vincent m’avait envoyé cette vidéo prise depuis la fenêtre de sa cuisine, pendant sa pause repas de midi…

Surface… from Vincent REYNAUD on Vimeo.

Le matin, je viens d’émerger quand j’entre dans la cuisine, et les deux compères sont en train d’observer un poisson qui se gave, au même endroit. Demi-café, je reste en short, juste le temps d’enfiler une paire de pompes et de nouer une pointe, et me voilà auprès de la truite. Une fois placé une dizaine de mètres en aval, cette mule vient se mettre dans mes pieds, dans vingt centimètres d’eau cristalline. Je suis persuadé qu’elle va me griller… et puis non. Il faudra plusieurs passages pour qu’elle sorte le nez de ses nymphes, mais elle finit par regarder en l’air en direction de mon petit cdc, pour me coller une petite misère sur ma fidèle Streamflex :

Matin Jurassien par pecheur-chautagnard

 

Une quarantaine de centimètres. La fin de ma tasse de café n’a même pas eu le temps de refroidir. C’est la classe ce pays.

Rendus au bord de la rivière, nous avons hâte de voir si les touches seront au rendez-vous, et la préparation est rapide…

Vincent est dans son élément, il déclenche rapidement des touches.

 

Une pectorale de ce poisson présente une marbrure jusque là jamais vue pour moi…

Yo casse très vite sur une belle truite, le frein de son moulin de 1916 étant collé à la cyano. Ce mec est incroyable…

Je branche, mais j’y aurai droit aussi, Vincent m’accusant de ne pas tirer sur les poissons, probablement à cause de la puissance de ma canne qui ne pliait pas assez à son goût. Sur une tuite sympa, j’ai tiré plus, et plus, c’était trop. Tant mieux pour elle qui aura été embêtée encore moins longtemps, puisque les hameçons sans ardillons permettent de ne pas vraiment avoir de doutes sur la facilité de la truite à se libérer du montage. J’en prends quand même une sympa…

Puis une autre…

Lenka prend un gros ombre qu’elle remet immédiatement à l’eau…

…mais a du mal avec les configs qui ne nous sont pas habituelles. Ca n’est qu’au coup du soir qu’elle parviendra à régler un petit détail dans sa plombée qui lui fera sentir la pêche. La différence sera flagrante.

En attendant, entre changements de secteurs, averses, et autres pêcheurs, nous bricolons un peu, mais des poissons rentrent pour Vincent et moi :

En fin de journée, je suis Lenka. Passée un peu à travers pendant la journée, elle se rattrape donc en début de soirée. Le pêche sera écourtée par la pluie, mais ça rentre quand même avant de devoir plier. Elle parvient à pêcher à distance et à passer correctement. Il n’en faut pas plus :

Elle enchaîne les touches, et parvient à mettre deux truites dans l’épuisette avant qu’il ne soit temps de rentrer, sous la pluie, et de quitter la rivière qui commence à gonfler.

Le second jour, les débits ont explosé, l’eau est totalement marron, des troncs dérivent, et nous nous contentons de visiter la région, en pêchant un peu là où c’est autorisé (avec nos cartes) sur notre route. C’est intensif…

Pas grand chose à signaler en dehors d’une poignée de petites truites, et nous rentrons tôt. Au retour, je pars seul pêcher un petit cours d’eau à proximité de chez Vincent, pour me rendre compte que la solution était bêtement là. Les poissons parviennent à se décrocher pour la plupart, mais il y a de l’activité :

Vu la largeur du cours d’eau, la taille moyenne est impressionante pour les pyrénéens que nous sommes. Le paradis doit ressembler à ça…

Pour le troisième et dernier jour, la rivière a retrouvé une couleur acceptable. Les débits sont toujours élevés, mais des bordures et des petits bras sont pêchables. En revanche, les touches se font attendre… un petit poisson vient nous apporter un peu d’espoir…

… jusqu’à ce que mon micro ver se fasse stopper net dans une râpe, juste avant une rupture de pente dans laquelle l’eau accélère. Au ferrage, je vois instantanément le poisson se tortiller lourdement, et je ramasse un grand coup de pression. Un vrai gros poisson, ça fait souvent accélérer le rythme cardiaque, mais quand on le touche pendant une traversée du désert, tout s’amplifie, et je commence tout de suite à trembler. Lenka fait preuve d’un sang froid impressionnant, elle est quelques mètres en amont de moi, je la vois descendre, récupérer mon épuisette (plus large que la sienne !) en passant dans mon dos, et se positionner dans l’accélération pour cueillir la truite qui va inévitablement descendre, peu gênée par mon pauvre 12/100. Super lecture de la trajectoire ou petit coup de chance ? Le mystère reste entier, mais la truite se retrouve dans le filet au premier passage, et je tiens le premier vrai gros poisson au toc que j’attendais depuis quelques années…

Moment de grosse joie partagé avec Lenka. On est aussi heureux l’un que l’autre. C’est vraiment bon !

Sur le chemin du retour, un rond, puis deux, puis trois. Il est l’heure de partir, nous avons de la route, mais je promets à Lenka que je ne serai pas long, tout en graissant ma soie et en récupérant mon matériel mouche éparpillé un peu partout dans la voiture. Les gobages sont à la limite de distance à laquelle je peux lancer, je passe mal, mais court, et les poisson continuent leur manège. De temps en temps, un nez crève la surface, juste histoire de m’assurer qu’il s’agit bien de truites, mais dans la grande majorité des cas, elles se manifestent par un petit bouillonnement. Je ne vois rien en surface, je ne connais pas le coin, et je suis surtout un mauvais pêcheur à la mouche. Une peute sur H18 imbibée de salive prend donc place sur ma pointe, de manière à passer dans la pellicule, et en avant. Un poisson s’écarte et monte deux ou trois fois plus près de moi. Au premier passage, c’est ok, mais c’est vraiment petit…

Ensuite, ça se complique. Comme toujours à grande distance, je pose mal, et ça ne monte pas sur ma mouche. Je fais l’erreur stupide de commencer par affiner ma pointe, avant de me préoccuper de ma manière de passer. Ca ne change rien. Je finis donc par trouver un angle de passage correct, en posant -n’importe comment- très loin en amont de la position du poisson visé avec une pointe très longue, puis en faisant un gros mending dégueulasse qui donne une jolie courbe à mon bas de ligne. Sur 150 mètres, à chaque passage dans le bon tempo, ça monte, mais les ferrages à longue distance avec le poids de la soie et la pointe fine se soldent à deux reprises par une casse presque immédiate sur des poissons du calibre du premier jour. Lenka m’attend, je n’ai pas le temps de refaire une pointe, j’ai de l’eau jusqu’aux aisselles, je suis en panique, et chaque passage est « le dernier après j’y vais ». Une dernière fois, ça monte, je tempère ma fougue sur la prise de contact, mais le poisson se décroche après une dizaine de secondes. Je rentre en courant à la voiture prendre unavon bien mérité… ça fait maintenant presque une heure que je suis parti pour 5 minutes. Un super moment de cumul d’erreurs grossières. J’ai tout fait à l’envers, en le sachant, mais en ne pouvant pas m’empêcher d’aller au plus vite. Difficile de faire pire. Tant mieux, on sera obligés de revenir… pour le gros poisson pris, et pour tous les autres qu’on n’a pas réussi à avoir !

A très bientôt,

Matt

 

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